Rencontre avec HeartCraft

Il y a quelques jours, j’ai eu la chance de rencontrer HeartCraft.
Tomber sur un de ses stickers « coeur » au coin de la rue est toujours une bonne surprise et j’ai souhaité en savoir plus sur ce Street Artist et sa démarche artistique. 

Blind Date

Nous avions rendez-vous samedi dernier au métro Belleville.

J’avais fait des recherches sur internet mais difficile de trouver des informations et de savoir avec qui j’avais rendez-vous.
Femme, Homme, jeune, moins jeune ?
A la sortie du métro, je me retrouve à guetter tous les gens sortant.
 Mon regard s’arrête sur un jeune homme blond, sweet à capuche, sac à dos bariolé de tags faits au type.
Je pense avoir identifié mon blind date quand un homme s’approche de moi.
Grand, beau, très élégant, une petite quarantaine d’année… très éloigné de l’image que l’on peut se faire d’un street artist. Je ne connaitrai pas son prénom, ses amis l’appellent « Heart ».

Nous voilà partis pour une balade à travers les rues de Belleville. HeartCraft me propose de me montrer des oeuvres qu’il a réalisées la semaine précédente et qu’il voudrait prendre en photo pour son compte Instagram.

Du rainbow flag à la coupe du monde…

HeartCraft a commencé à coller ses stickers en 2016.
Parallèlement comédien, mannequin, l’art et l’esthétisme font partie de sa vie depuis toujours.
Si ce sont les attentats de Charlie Hebdo qui lui ont redonné envie de dessiner, c’est dans le contexte des dernières  élections présidentielles qu’il crée son premier sticker : une femme rousse au visage constellé de tâches de rousseurs embrassant un homme dans une forme de coeur.
Ses stickers ont pour ambition d’interpeller sur la notion de tolérance, du vivre ensemble. Selon lui, « même si nous avons tous nos propres intolérances, il est important de travailler dessus ». Son travail est notamment guidé par la citation de Nelson Mandela : «Personne ne nait en haïssant une autre personne à cause de la couleur de sa peur, ou des origines, ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr, et s’ils peuvent apprendre à haïr, ils peuvent apprendre à aimer. »
Le sticker orange des débuts a ensuite été décliné sous plusieurs formes : Rainbow flag, St Valentin, coupe du monde, Brésil, mais aussi des stickers plus engagés comme celui avec un couple portant un voile et une kippa.
https://rivedroiteetailleurs.com/wp-content/uploads/2018/12/P1070569.jpg
J’interroge HeartCraft sur les réactions des gens face à ses stickers.
« Je n’ai jamais eu de problème quand je colle, peut être parce que les stickers sont petits. Il faut s’approcher pour voir de quoi il s’agit. Je pense qu’à force de voir un message de tolérance, sur le long terme, ça peut impacter les gens. »

Session collage

Au début HeartCraft collait plutôt la nuit, en solo. Aujourd’hui il s’est rapproché d’une communauté de street artistes avec lesquels il part en session collage.
Il collabore avec des artistes comme Jo Little ou encore Fé ta vie .
 » Ma Collaboration avec Jo Little fonctionne bien. On a tous les deux des dessins tout en rondeurs avec des couleurs vives et un message de tolérance. »
« Travailler à plusieurs c’est intéressant. Ça permet de faire évoluer l’oeuvre. Avant je collais un seul sticker, aujourd’hui j’ai plutôt tendance à les faire vivre dans des compositions ».
Nous partons voir certaines de ses compositions réalisées récemment: une reprenant le mythe de Sisyphe, une autre avec des oiseaux.
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Instagram carte de visite des Street Artists

Si HeartCraft soigne ses oeuvres, il soigne aussi son image.
Perfectionniste, il nettoie rapidement ses stickers avant de les prendre en photo pour son compte Instagram.
« Instagram, je vois ça comme une carte de visite. Cela peut me permettre de me faire repérer par une galerie par exemple ou des marques pour une éventuelle collaboration. J’y consacre beaucoup de temps. J’ai une véritable ligne éditoriale. « 
https://rivedroiteetailleurs.com/wp-content/uploads/2018/12/resized-image-slidely-3.jpeg
Après un passage à la galerie Les temps donnés pour saluer la gérante, nous finissons notre ballade avec un café pendant lequel nous discutons de la communauté street artistes.
HeartCraft la dit « bienveillante et avec des profils plutôt variés. »Si certains viennent du monde de l’art, d’autres ont un quotidien beaucoup plus traditionnel avec des professions très éloignées du milieu du Street Art …
Je n’en saurai pas plus … je repars en imaginant que les artistes dont je croise les oeuvres chaque jour, sont peut-être le caissier du Franprix d’à coté, prof ou encore banquier …
Merci à HeartCraft pour son temps et sa gentillesse
Pour en savoir plus :
Retrouvez Heart Craft dans le nouveau livre de Claude Degoutte Paris Street Art Saison 2 , disponible notamment à la galerie Les Temps donnés, 16 rue des envisages, Paris 20e
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